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mardi 30 août 2011

Ai Weiwei: le retour.

L'artiste Ai Weiwei, qui avait été libéré fin juin, après 81 jours de détention dans une cellule de 4 m2 , est de retour sur la toile, faisant fi des interdictions imposées par les autorités. Celles-ci sont: interdiction de parler aux médias, interdiction de s'exprimer sur internet et, donc twitter, et interdiction de sortir de Pékin, pendant un an.

Il avait été arrêté et reconnu coupable d'évasion fiscale, mais il s'agissait probablement de faire taire une personnalité internationalement reconnue qui avait tendance à prendre et à afficher publiquement des positions politiques et sociales allant à l'encontre du régime.  

Mais une fois libéré, l'artiste ne s'est pas tenu à l'écart des médias sociaux où son compte twitter a rapidement été réactivé, d'abord avec des messages anodins, puis de nouveau avec des appels condamnant le système chinois et ses pratiques revêtues d'injustices. Il y a publié des noms de personnes injustement détenues qui ont depuis lors été libérées. 

Photo diffusée par Ai Weiwei après sa libération pour montrer sa perte de poids.


Dimanche, c'est sur le site de Newsweek qu'un de ses textes est publié. Il y compare Pékin à une prison "où les gens deviennent fous". Il décrit la capitale comme une ville à deux facettes: l'une est composée du pouvoir et de l'argent et l'autre est composée du désespoir.







vendredi 8 juillet 2011

Mais où est Jiang Zemin?

L'ancien président de la République populaire, Jiang Zemin était absent des festivités organisées à l'occasion de la commémoration du 90ème anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois. 


Son absence a été remarquée et depuis de nombreuses spéculations tournent autour de cette disparition soudaine.Est-il mort?  Est-il malade? A t-il été arrêté et emprisonné? Autant de questions restées sans réponses qui ont pu alimenter les rumeurs en tout genre. 

"Des pures rumeurs" a déclaré l'agence Chine nouvelle. Pourtant, le jour de ces déclarations, les sites correspondants aux recherches sur les mots " Jiang Zemin" et "infarctus du myocarde" étaient rapidement censuré...de quoi éviter tout débordement alors que le printemps arabe avait frappé à sa porte.

L'ancien président avait soutenu les répressions de Tiananmen en 1989...les spéculations sur sa mort auraient entrainées des recherches dangereuses pour le gouvernement de la part des internautes désireux d'en savoir plus. 

Finalement, nous n'en saurons pas plus sur l'état de santé de Jiang Zemin, ancien président d'un parti qui manie brillamment l'art du mensonge et de la duperie.

jeudi 7 juillet 2011

Le parti communiste chinois, presque centenaire

Le week-end dernier, la Chine fêtait le 90ème anniversaire du parti communiste, fondé le 1er juillet 1921 à Shanghai, où eu lieu la première réunion du parti. Presque un siècle à présent que le parti a su garder la main mise sur ce vaste territoire grâce à une propagande omniprésente et une politique répressive envers tout contestataire. 

Quel bilan aujourd'hui pour la Chine? Un long chemin parcouru depuis le 1er Congès jalonné d'évolutions diverses où l'idéologie marxiste traditionnelle a laissé place à une économie de type capitaliste.

Mais si des évolutions au niveau économique ont pu être remarquées ces dernières années et que le parti compte 78 millions de membres, ce dernier craint de perdre les nouvelles générations et n'hésite pas à leur en mettre plein la vue et utiliser le grandiose, comme le gouvernement à l'habitude de faire. 

C'est ainsi que les techniques traditionnelles de propagande, outre celles utilisées tous les jours, ont connu un regain d'intérêt en vue du 90ème anniversaire qui approchait à grande vitesse.

Tout d'abord, les efforts  redoublés au niveau de l'audiovisuel. Au cinéma, c'est la sortie d' un film, qui retrace l'histoire du parti communiste, " Le début de la Grande Renaissance". L'Histoire du parti y est décrite de manière à magnifier le plus possible la gloire du parti. A la télévision, une nouvelle série, "1921", mettant en avant les atouts du parti a fait irruption dans les petites lucarnes le 1er juillet au détriment de séries policières. 

Mais ce ne sont pas les techniques modernes qui frappent le plus ces derniers temps. Des chansons traditionnelles rouges ont refait leur apparition sur le devant de la scène du spectacle, où chacun se prend au jeu. L'origine de leur résurgence est attribuée à la ville de Chongqing où ces chansons ont été diffusées régulièrement à la radio afin de renforcer le sentiment de patriotisme et de glorifier la puissance du parti. 

Ces chansons étaient également présentes lors du rassemblement des membres du parti pour la commémoration de la fondation du parti alors que des milliers de patriotes s'étaient rendus à Pékin afin d'assister aux cérémonies du parti. L

Le gouvernement socialiste et totalitaire  montre qu'il est fragilisé en redoublant ses efforts pour convaincre le peuple des bienfaits de ses actions alors que l'année écoulée a connu les répercussions des révoltes arabes entrainant en Chine certains échos.

lundi 4 juillet 2011

Une possible extension des Printemps arabes à la Chine?

La révolution du jasmin qui avait secoué la Tunisie au mois de décembre dernier et aboutit au départ du président Ben Ali a eu un retentissement mondial. Après s'être étendue à d'autres pays arabes comme l'Egypte, la Lybie et le Yemen, une tentative de soulèvement a également eu lieu en Chine. 

Mais dans un pays où seules les manifestations organisées par le parti sont permises, un rassemblement protestataire paraît illusoire. 

Tout a commencé avec un message sur Internet qui a circulé via les réseaux sociaux où les Chinois étaient appelés à descendre dans les rues et manifester en faveur de plus d'égalité et de justice le 20 février. 

Malgré une circulation assez vaste de cet appel, la mobilisation était plutôt faible, compte tenu de l'importance de la population chinoise: seulement une centaine de personnes seraient descendues dans les rues. 

Le gouvernement, sur le qui-vive, avait par ailleurs pris ses dispositions, que se soit pour un contrôle plus strict d'Internet ou un déploiement de forces de sécurité. Le site "Boxun" d'où était parti le message initial a été victime de plusieurs attaques informatiques tandis que les mots "demain" et "jasmin" ont été bloqué sur les réseaux. Des défenseurs des droits de l'Homme ont soit disparu, soit été assigné à résidence. 

Du coté des médias, des appels au calme sont lancés à la population qui est priée de rester pacifiste et calme afin d'éviter le chaos comme le précise le quotidien pékinois Rejing Bigao. L'information sur les révoltes arabes est d'ailleurs très limitée, et quasi inexistantes pour les faits se déroulant en Libye. Une place importante est dévolue au rapatriement des travailleurs chinois en Libye et aux inquiétudes économiques.

Le gouvernement chinois a donc mis en place les principaux outils permettant de contenir une population en révolté: la censure et l'utilisation de la force  découragent les chinois déjà très surveillés. 

En Tunisie, l'effet de surprise a joué sur la rapidité avec laquelle Ben Ali a quitté le pouvoir. En Chine, avec un gouvernement omniprésent et une surveillance permanente des moindres mouvements qui surviennent sur la Toile, un effet de surprise n'est simplement pas possible.

mercredi 8 juin 2011

Tian'anmen : l'argent ne suffira pas pour oublier...

Depuis la révolution du jasmin et toutes les autres qui en ont découlé dans le monde arabe, la Chine se soucie du risque de contagion éventuel. Les arrestations arbitraires se sont multipliées et ont atteint des quantités similaires à celles perpétrées lors de la période des révoltes de Tian'anmen Square dites "le printemps de Pékin". 

Depuis le  4 juin dernier, cela fait maintenant 22 ans, que de nombreuses jeunes victimes perdirent la vie. C'est dans ce contexte, que pour le première fois, une famille s'est vue proposé une certaine somme d'argent en vue de dédommagements mais elle a bien évidemment refusé. 

De l'argent donc, mais pas d'excuses. Présenter des excuses mettrait sans doute en péril la domination du gouvernement sur les idées et opinions, et par conséquent le pouvoir du parti unique. 

Du côté des autres familles, depuis 1995, un groupe appelé "les mères de Tian'anmen", regroupant des familles des victimes,  se battent pour obtenir des compensations  et une reddition de comptes de la part du gouvernement. 

Mais le pouvoir refuse de rendre public la tragédie, la qualifiant de "simple incident politique". Le " 4 juin" reste une date censurée sur le web et aucune référence de l'évènement n'est visible dans la presse. 

Lendemain des manifestations sur Tian'anmen Square

Le groupe des familles a désormais publier une liste de 203 noms, correspondant aux noms des  victimes de cette  journée sanglante, où selon eux, des preuves formelles sont à disposition.

Cette longue énumération n'est pourtant pas exhaustive, mais l'absence de preuves tangibles empêchent de prouver le contraire. Leur combat devra encore perdurer, alors que la commémoration de l'évènement ne peut toujours se tenir qu'à Hong-Kong.

mardi 3 mai 2011

Chine et "soft power"

Depuis quelques années, un nouveau concept s'est inséré dans la politique étrangère chinoise: la politique basée sur le soft power. 

Ce concept, inventé par Joseph Nye, s'est développé dans les années 90. La puissance douce, en opposition à la puissance dure, suggère que l'attrait d'une culture d'un pays sur un autre peut favoriser son poids dans le processus de prise de décisions.

Il s'agit donc de séduire les autres Etats sans user de la force militaire. La promotion de la culture est au centre de ce concept, accompagné d'une diplomatie publique, et d'une amélioration de l'image diffusée par les médias. Barthélémy Courmont décortique ces nouvelles tendances dans son livre "Chine. La grande séduction. Essai sur le soft power chinois."

mercredi 27 avril 2011

La répression frappe encore

L'artiste à la renommée internationale et très controversé Ai Wei Wei a été interpellé à l'aéroport de Pékin alors qu'il se rendait à Hong-Kong le 3 avril dernier. Cette interpellation survient dans la lignée de nombreuses autres arrestations depuis février. En cause: la révolution du jasmin et la peur du gouvernement chinois de voir naître sur son territoire des mouvements de contestations aussi importants que ceux qui sont apparus dans les pays du Maghreb.

Après avoir renforcé ses dispositifs de sécurité, la Chine anticipe tous les troubles qui pourraient surgir. C'est ainsi que depuis 3 mois, environ 200 personnes auraient été arrêtées ou sont portées disparues. 

Le gouvernement chinois  a justifié l'arrestation de l'artiste par des "délits économiques". Pourtant chacun sait que l'oeuvre de Wei Wei et ses occupations sont les principales causes de son interpellation. 

L'artiste jouit d'une renommée internationale, et avait auparavant offert des interviews à des quotidiens occidentaux où il attaquait férocement le pouvoir politique chinois. Dans les années 80, il avait passé une dizaine d'années aux Etats-Unis. Cet artiste est connu pour des expositions grandioses, comme celle exposée au Tate Modern à Londres, ou encore, et la plus impressionnante, le stade des JO de Pékin.



Son implication dans les causes humanitaires posaient aussi problème pour le gouvernement, comme son projet d'enquête du tremblement de terre du Sichuan. Il avait voulu relever les noms des enfants disparus lors de l'effondrement d'un établissement scolaires en 2008, et confronter ses résultats à ceux du gouvernement. 

Les pays occidentaux ont commencé à réagir, mais le mécanisme de la presse officielle chinoise  a été mis en route. L'Occident y est accusé d'ingérence dans les affaires intérieures chinoises et accusé de remettre en question la souveraineté de la Chine au nom des droits de l'Homme. 

Pour des experts, la répression qui frappe le pays s'apparente à celle de la place Tiananmen de 1989, à la différence près que l'actuelle est plus discrète et plus lente.